Le Kendo

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« Connais ton l’adversaire et surtout connais-toi toi-même. », c’est ce que nous inculque Sun Tzu dans l’art de la guerre mais c’est aussi une philosophie qui s’applique au Kendo.

Le Kendo est un sport issu directement de l’art de la guerre. Il désigne « la voie du sabre », étymologiquement « KEN » (tsurugi) peut être traduit par le sabre et de « DÔ » (michi) qui signifie le chemin, la voie. Pour les personnes qui ne connaissent pas ce sport, c’est une sorte « d’escrime japonaise ». Le Kendo est issu d’un autre art qui est né au Japon en 789. Il fut tout d’abord nommé ken-jutsu, ken-no-michi et gekken sous l'ère Meiji (1868-1912). Cette discipline était déjà utilisée depuis fort longtemps par les guerriers japonais nommés bushi lorsque les samouraïs le découvrirent au XIIIe siècle. Mais le ken-jutsu fut interdit en 1876, et fut transformé en sport : le kendo. Tout s’explique par un trop grand nombre de morts à l’entraînement, pratiquement autant qu’au combat. Il fut alors décidé de modifier cet entraînement, ce qui amena à notre sport actuel. Pour le samouraï, le sabre était considéré comme un prolongement naturel du corps. Un samouraï était soumis à un code d’honneur nommé « Bushido », extrêmement strict, qui exigeait une rigueur morale et physique exemplaire. Il ressemblait beaucoup à l’art de la chevalerie à l’époque du Moyen-Age.

Mon père enseignait le kendo dans un club où j’ai moi-même pratiqué ce sport durant quelques années. Pour moi c’est plus qu’un sport, c’est un enseignement de vie ; un art. J’ai appris grâce au kendo le respect de l’autre, la patience, la maîtrise de soi ainsi qu’un certain degré de confiance. Cette philosophie de vie vous suit même après avoir arrêté, elle est ancrée en vous. C’est un sport de combat, qui vous permet de vous défouler mais aussi de lier des amitiés très fortes avec les autres pratiquants. J’ai connu ce sport étant très jeune, par mon père, lui-même passionné par le Japon et par le kendo. Au fil des années j’ai voulu essayer ce sport, et je ne regrette absolument pas car ce fut l’apprentissage le plus enrichissant de toute ma vie. De plus, ce fut une activité que je pouvais partager avec mon père et ma meilleure amie.

Le Kendo est donc un sport à la fois individuel mais aussi collectif. C’est un sport moderne accessible à tous, petits et grands, hommes et femmes. Et comme je vous le disais, il développe la force, la maîtrise de soi, le courage. C’est toute une pédagogie, sportive, humaine, psychologique, voir même mystique, et technique. Le kendo est un entrainement au maniement du sabre. Bien entendu, nous ne pratiquons pas avec de vrais sabres même s’il existe des exercices dits de « coupe ». Ce sport se pratique dans un dojo, notre salle d’entrainement. Nous utilisons désormais un shinai, un sabre composé de quatre lames de bambou. Il est l’instrument qui sert le plus souvent dans le Kendo, il est assez léger pour permettre de travailler vite, sans grands risques pour le partenaire. Pour d’autres exercices nous utilisons un bokken, une sorte de réplique stylisée du katana. Nous l’utilisons majoritairement pour les Kata. De plus les pratiquants portent des protections, une armure qui se compose de plusieurs éléments :
- une protection faciale : le men, comme un casque ;
- un plastron nommé le do,
- des gants : les kote,
- et enfin ce qui appelé le « tare », une protection pour les hanches, le bas ventre, bien qu’il n’y ait pas d’attaque portée à ces endroit. C’est là que nous plaçons le zekken, où nous trouvons notre nom ainsi que notre club. Il est nécessaire car en armure tout le monde se ressemble.
Le kendoka porte sous l'armure une tenue composée d’un "hakama" et d’un «keikogi »

Le kendo est un sport soumis à des règles strictes, ce qui forge notre caractère et nous inculque le respect des règles. Les pratiquants doivent se soumettre à l’étiquette. Tout d’abord le « REI » ou salut respectueux en entrant et en sortant du dojo. C’est un témoignage de considération envers notre lieu d'entraînement. Nous devons respecter ce lieu car il nous offre l'occasion de cultiver notre esprit ainsi que notre corps. Nous saluons aussi nos sensei, nos maîtres, ainsi que nos adversaires. C’est dans cet esprit que les participants doivent passer derrière leurs partenaires quand ces derniers portent l’armure et sont en position traditionnelle basse, en Seiza. Il existe d’autres règles mais il n’est pas nécessaire de toutes vous les évoquer. Ainsi: la tenue du shinai ou du bokken mais aussi de déplacements spécifiques au Kendo.

Le cours se passe en plusieurs étapes, tout d’abord le salut, puis la mise partielle de l’armure, du tare et du do. Ensuite le cérémonial où les kendokas sont alignés face aux sensei, les plus gradés étant à la gauche de celui-ci, les autres vers la droite. Les élèves passent alors à un moment de concentration qui permet de se mettre en phase avec l’esprit du kendo, puis un nouveau salut marque le début de la leçon. Tous commencent alors par un échauffement commun, puis travaillent les exercices du jour. Le cours se termine par le même cérémonial que celui du début, marquant la fin du cours.
Bien sûr, le Kendo ne peut pas vraiment être résumé en si peu de lignes. Il faudrait même écrire un livre pour ce soit complet. Mais il faut vous laisser une part à découvrir vous-même.

L1- C.PRIEUR