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Hunger Games, le film.

marie.bernanos - Posted on 03 janvier 2013

 HUNGER GAMES

Surprenant et dérangeant.

A l'occasion des jeux annuels qui se déroulent chaque année dans la ville de Capitol, (capitale de Panem) chacun des douze districts du pays se doit de sélectionner deux jeunes gens, afin qu'ils se rendent dans l'arène très particulière des Hunger Games. Les jeux de la faim, comme on pourrait le traduire en français, ont une et une seule règle bien précise : survivre. Cet espace créé pour l'occasion est muni de pièges mortels, mais il est surtout doté de petits agents dirigeant l'espace de jeu à leur guise pour faire le plus d'audimat possible, car derrière sa dystopie, on ressent que Suzanne Collins, auteur de la trilogie, et ici Gary Ross, réalisateur, ont fait de cet œuvre le reflet de nos sociétés. Panem, qui se substitue ici à l'ancienne Amérique du nord est un pays artificiel, voire ridicule, à la recherche de divertissement à travers le scandale, poussé au plus loin, puisque c'est ici la mise en scène de combats entre jeunes gens que nous, spectateurs, et les habitants du Capitol voyons à l'écran. On pourrait comparer Hunger Games à nos télé-réalités actuelles : quelques pions jetés dans l’arène, soumis à des règles, qui se battent pour arriver premiers, gagner-et ici, pour survivre. La technologie, poussée au plus haut point fascine et effraye, car elle prend le pas sur l'Homme dans cet univers futuriste : les vies des concurrents se trouvent entre les mains de machines qui créent sur commande de désastreux incendies ou des monstres plus féroces les uns que les autres. L'atmosphère est tendue et la succession des événements rapide. Une partie du film est d'ailleurs filmée avec cette volonté de représenter ce mouvement constant et toutes ces tensions qui le constituent. Durant un long moment, les scènes sont filmées comme si c'était les acteurs eux-même qui tenaient la caméra, ce qui donne l'impression réelle d'être dans le jeu. Mais en dehors des jeux, le climat est bien plus calme et c'est aussi en cela que se révèle le talent particulier du réalisateur, qui a la capacité de passer d'environnements clairement opposés de façon limpide. Les districts de Panem sont de tristes vestiges de ce qu'étaient, autrefois, de paisibles villages, avant la rébellion de ces derniers contre le grand Capitol. Gary Ross a la caméra morose sur les paysages. Les images sont tristes, froides et font penser à de vieilles photographies d'une première guerre mondiale. Les habitants sont maintenant devenus des esclaves, qui travaillent et approvisionnent la capitale : on aurait presque l'impression d'être en plein camp de concentration. Pour ce qui est du jeu des acteurs, Jennifer Lawrence est sans aucun doute la révélation de ce film. Elle est parfaite dans le rôle de Katniss Everdeen, distante, comme dans le livre, et c'est aussi ce qui est préférable dans un film aux aspects tragiques, plutôt qu'une jeune fille larmoyante, qui jouerait sur le pathos. Cela n'empêche en rien le fait que l'on devine le caractère touchant de la jeune fille, d'autant plus touchant que son jeu d'actrice laisse passer la sensibilité et la faiblesse à travers son regard de glace. Beaucoup d'éléments de ce film qui, normalement, ne se marieraient pas, se mélangent parfaitement et c'est, sans aucun doute, ce qui fait sa puissance. L'union, voire la naissance de sentiments amoureux dans un contexte de mort ou l'auto-critique d'un système tout entier, ici américain, dans un film lui-même américain est, en général, plutôt rare. Ce film est vrai, il est juste. On a d'abord dit qu'Hunger Games était une saga de plus, comme on nous en sert depuis des années ; ce n'est pas le cas. Laissez vous prendre au jeu.

Marie Bernanos.

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