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Who said it was over?

Matthew Thornton - Posted on 08 février 2009

Le nouveau James Bond est la continuation directe du précédent, Casino Royale, quelques heures seulement séparant les deux films. Dans ce nouvel opus, James Bond (Daniel Craig), en quête de vengeance, traque une mystérieuse organisation à travers le monde, visitant des pays comme l’Italie, l’Angleterre, l’Autriche ou encore la Colombie pour découvrir qui se cache derrière la trahison de Vesper, son seul amour. Ce qu’il découvrira le dépassera autant que ses supérieurs, mais n’empêchera évidemment pas notre héros de faire jouer ses différents talents pour sortir vainqueur.

Malheureusement, le fait que Quantum of Solace soit la continuation de Casino Royale n’en assure pas la qualité. En effet, ce dernier James Bond n’a pas été écrit par Ian Flemming, et cela se sent d’un bout à l’autre du film. Marc Foster a essayé de reprendre les meilleurs aspects de l’œuvre de Martin Campbell tout en y ajoutant ses propres touches personnelles … Elles sont de trop!

 Casino Royale connut – à juste titre – un immense succès. Reprendre la formule semblait a priori être une bonne idée. On continue d’évoluer aux côtés d’un James très froid, très violent, et qui n’hésite pas à tuer quiconque se dresse sur le chemin de sa vengeance, sous l’œil désapprobateur de M. (Judi Dench), qui ne sait décidément pas comment contrôler son meilleur agent.

 Certes, James souffre, et nous compatissons, mais c’est bien la seule raison que nous ayons de nous attacher à lui, tant il paraît inhumain : dans ce nouvel opus, James Bond est simplement une machine à tuer. Il fait cela très bien, mais ses talents de tueur ne sauraient à eux-seuls entretenir l’attachement des fans et le mythe qui s’est créé autour du personnage de 007. La prestation elle-même de Daniel Craig n’est pas comparable à ce que l’on connaissait de lui : seules ses écorchures apportent un quelconque changement à son visage et à son expression !

 En tant que machine à tuer, ses rapports avec le sexe féminin – aspect toujours important des James Bond – sont altérés. Il y a bien une James Bond Girl, mais nous n’aurons droit qu’à un baiser furtif à la fin du film, entre une femme sans objectif (on a qualifié la prestation d’Olga Kurilenko d’ « insignifiante ») et un Bond presque timide, et très vulnérable. En revanche, il charmera une secrétaire du MI-6 venue le ramener au bercail, que l’on retrouvera morte, couverte de pétrole sur son lit (visiblement, les scénaristes n’ont plus beaucoup d’imagination, car cette image était déjà présente dans Goldfinger avec une femme couverte d’or). Elle n’aura passé que quelques minutes à l’écran avant de se faire éliminer, ce qui n’est pas de très bon augure pour les prochaines James Bond Girls. M. fait d’ailleurs remarquer à Bond les effets dévastateurs de son charme.

 Nous avons également du mal à suivre l’évolution de Bond d’un film à l’autre. Le personnage manque tout simplement de cohérence. On ne sait pas si on a affaire à un nouvel agent ou à un agent expérimenté : Casino Royale était sa première mission, il était donc compréhensible qu’il ait parfois du mal à vaincre ses adversaires rapidement ; mais dans Quantum of Solace, il lui arrive également de trop maîtriser une situation. Je pense notamment à la scène où il fausse compagnie à des membres du MI-6 en les ridiculisant tous, que ce soit pendant le combat ou en s’échappant.

 Vous vous souvenez certainement de la sombre « organisation » dont Bond apprend l’existence à la fin de Casino Royale. Après avoir vu Quantum of Solace, nous n’en savons pas beaucoup plus sur son identité, si ce n’est qu’elle est partout, et qu’elle compte des membres parmi les plus hauts placés dans le monde. Ah oui, grande surprise : elle est très cruelle, aussi ! Au point d’achever Dominic Greene (Mathieu Amalric), le seul vrai ennemi du film, qui laisse plutôt l’image d’un méchant dérangeant que celle d’un vrai méchant de James Bond.

 Il semblerait que notre XXIe siècle préfère les films violents aux scènes plus tranquilles, et Quantum of Solace continue dans la lignée de Casino Royale avec des scènes d’une extrême violence. Mais le simple film d’action, qui ravira les amateurs du genre, laisse sur leur faim les fans de James Bond. Cela est peut-être dû au caractère dru de Craig, qui passe son temps à arpenter les rues dans des habits couverts de sang et de verre.

 Quantum of Solace est également le premier James Bond à ne présenter aucun gadget de tout le film, pas un seul ! Sa merveilleuse Aston Martin ne durera, elle aussi, que quelques minutes avant de sortir de scène dans un sale état ! J’ai également remarqué l’absence des deux phrases cultes de Bond (« Bond, James Bond » et « Shaken, not stirred »). Cette absence a dérangé certains fans, mais je pense qu’elles n’avaient pas leur place ici, de toute façon : ce 007 ne semble pas d’humeur à lancer des répliques comme celles-là, aussi cultes soient-elles.

 Quantum of Solace est une déception. Le film reste un James Bond, et en met plein la vue, mais il est loin de présenter un James dans toute sa splendeur. Il faut avouer que la note était donnée dès le début, avec un générique raté, ne présentant que la silhouette de James avançant, pistolet brandi, ou tombant, entouré de femmes nues se confondant avec le sable des dunes environnantes (lesquelles dunes n’occuperont l’écran que pendant une infime partie du temps de projection). Quantum of Solace est le premier James Bond à former la suite d’un autre film, et cet essai n’est pas particulièrement réussi. La recette ne marche pas, ce qui laisse présager le pire pour le prochain film, qui sera la suite de Quantum of Solace.

 Ce qui m’a sûrement le plus frustré est que le mot Solace ne soit pas prononcé une seule fois de tout le film, et que la signification du titre – sujet énigmatique depuis des mois – garde tout son mystère.

 

Matthew THORNTON (L1)

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